Comment sont imposés les revenus Airbnb ?
Louer un logement meublé à des voyageurs est une activité commerciale : vos recettes relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et non des revenus fonciers. Le bénéfice s’ajoute à vos autres revenus soumis au barème de l’impôt et supporte les prélèvements sociaux.
Le plus souvent, vous êtes loueur en meublé non professionnel (LMNP) : vos recettes annuelles ne dépassent pas 23 000 €, ou restent inférieures aux autres revenus d’activité de votre foyer. Si les deux seuils sont dépassés, vous devenez loueur professionnel (LMP).
En bref
- Des revenus imposés en BIC, pas en revenus fonciers
- Le micro-BIC par défaut, le régime réel sur option
- Un numéro SIRET à demander dans les 15 jours
- Des recettes transmises au fisc par les plateformes
Le micro-BIC, un abattement forfaitaire
Au micro-BIC, l’administration applique à vos recettes un abattement forfaitaire censé couvrir toutes vos charges : vous n’êtes imposé que sur le reste. Depuis les revenus 2025, son taux dépend du classement de votre meublé.
Un meublé de tourisme non classé bénéficie de 30 % d’abattement, dans la limite de 15 000 € de recettes par an. Un meublé de tourisme classé, comme une location meublée classique, garde 50 %, jusqu’à 77 700 € pour les revenus 2025 et 83 600 € pour les revenus 2026. En dessous de 305 € de recettes, vous ne payez pas d’impôt.
Le micro-BIC en chiffres
- Meublé non classé : 30 %, jusqu’à 15 000 € de recettes
- Meublé classé : 50 %, jusqu’à 77 700 € (83 600 € en 2026)
- Location meublée classique : 50 %, mêmes plafonds
Le réel : charges et amortissements
Au régime réel, vous déduisez vos charges réelles : intérêts d’emprunt, frais de conciergerie, ménage, assurance, taxe foncière, travaux, ainsi que l’amortissement du logement et du mobilier. L’amortissement ne peut pas créer de déficit : l’excédent se reporte sur les années suivantes.
Il suppose une déclaration professionnelle (liasse 2031) et, en pratique, l’aide d’un expert-comptable. Attention : pour les ventes réalisées depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sont retirés du prix d’achat dans le calcul de la plus-value.
Le réel est intéressant si
- Vos charges dépassent l’abattement forfaitaire
- Vous remboursez un emprunt ou financez des travaux
- Votre meublé non classé encaisse plus de 15 000 € par an
SIRET, déclaration et calendrier
Dans les 15 jours qui suivent le début de la location, déclarez votre activité sur le guichet unique des formalités des entreprises, sur le site de l’INPI, pour obtenir un numéro SIRET. La démarche est gratuite.
Chaque printemps, vous déclarez les recettes de l’année précédente sur le formulaire 2042-C-PRO au micro-BIC, ou avec la liasse 2031 au régime réel. Les plateformes comme Airbnb transmettent vos recettes à l’administration fiscale et vous adressent un récapitulatif en janvier.
Le calendrier
- Début de la location : SIRET sous 15 jours
- Janvier : récapitulatif annuel des plateformes
- Printemps : déclaration des recettes de l’année précédente
Prélèvements sociaux et CFE
En LMNP, votre bénéfice supporte aussi les prélèvements sociaux : 18,6 % pour la location meublée non professionnelle, dont 10,6 % de CSG, selon impots.gouv. La location nue, elle, reste à 17,2 %. Attention : pour un meublé de tourisme, au-delà de 23 000 € de recettes par an, ce sont des cotisations sociales qui s’appliquent, même si vous restez LMNP pour l’impôt.
Comme toute activité commerciale, la location meublée est en principe soumise à la cotisation foncière des entreprises (CFE). Vous en êtes exonéré l’année du démarrage, puis tant que vos recettes de l’avant-dernière année ne dépassent pas 5 000 €. D’autres exonérations existent, par exemple si vous louez une partie de votre habitation personnelle, certaines sur décision de la commune.
Bon à savoir
- Revenus 2026 : 18,6 % de prélèvements sociaux en LMNP
- Meublé de tourisme au-delà de 23 000 € de recettes : cotisations sociales
- CFE : pas due l’année du démarrage, ni jusqu’à 5 000 € de recettes
Classer son meublé pour payer moins
Le classement en meublé de tourisme, d’une à cinq étoiles, fait passer l’abattement micro-BIC de 30 % à 50 % et relève fortement le plafond de recettes. Pour 15 000 € de recettes par an, l’abattement passe de 4 500 € à 7 500 € : 3 000 € de moins à déclarer chaque année.
Au régime réel, les frais de conciergerie font partie des charges déductibles. Au micro-BIC, l’abattement couvre déjà l’ensemble de vos charges : elles ne se déduisent pas en plus.




